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Solstice

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le solstice du soleil, ce traitre

Les jours raccourcissent. Passé le solstice. Voilà l’été, factice; on se croyait comme au zénith, c’était le jour le plus long de l’année, la journée la plus éclairée. L’illusion d’un zénith dans notre coeur et notre esprit, en fait. L’illusion que la lumière ne faiblirait plus, que tout avait enfin refleuri et que tout allait rester inondé de couleurs. Que le soleil serait comme le seul protecteur, qu’il garderait le temple d’un renouveau majeur, que ses rayons conserveraient la chaleur retrouvée. Enfin de la lumière, de la lumière d’été. Malheureusement. Il nous brûle, le soleil. Depuis toujours. Au début, il nous a brûlé les yeux. Un jour, il brûlera les ossements d’une humanité naïve. Et quand les années n’existeront plus, le solstice continuera son mouvement pendulaire.

Ce solstice et ce sentiment d’être au mieux, ce solstice ne dure pas, et c’est la nuit qui nous reprend. Peu à peu, sans même que l’on s’en aperçoive. C’est la nuit qui nous repeint, discrètement, notre tête qui se croyait guérie. Guérie par cette lumière qui grandissait de jour en jour, cette lumière à la con qui nous fait oublier que le soleil se fout de notre gueule. Rien à battre de nous. Il reste là, stoïc, sous ses airs de bienfaiteur. On lui sourit, on a envie de tournoyer sous lui dans un champs de fleurs, de se jeter à l’eau et d’ouvrir notre coeur, de se rendre à l’évidence et de se dire que le malheur n’est plus. Erreur. Le soleil est le malheur que personne ne sait.

Lui qui nous manque finit par revenir nous réchauffer, on y croit. Puis il nous brûle mais on l’excuse, sous des prétextes fallacieux: le soleil est bon pour toi et moi; le soleil et sa lumière éblouissent, nous montrent à la vie; le soleil, qui sourit gentiment au-dessus de nos deux visages qui se regardent … foutaises. Le soleil, ce salaud sans humeur, passe et ressasse une orbite égoïste depuis des millénaires, il s’en va puis revient, et nous ne sommes que des microbes. Au solstice c’est là qu’on le voit le plus longtemps, c’est là qu’on s’agenouille devant lui. Alors qu’il ne nous connait même pas. Alors qu’il se contente de passer et repasser. Une lubie peut-être ? Quelle lubie. C’est nous qui lui tournons autour. Lui est planté là, et nous lui tournons autour. Depuis cinq milliards d’années. Lui est planté là, lui git et vit encore là, terré dans le noir. C’est lui qui nous tuera et le sable nous enterrera. Lui continuera de vivre sans nous.

1 commentaire
  1. Shadowyn dit :

    Cependant le soleil est donneur de vie. Et là où il y a la vie, il y aussi la mort; sinon il n’y aurait pas de vie. La mort est la condition sinéquanone à l’épanouissement de vie. De là vient tout le paradoxe de l’état du soleil. Il brille et nous réchauffe, ou bien il brûle et nous assèche. Il est même capable d’ôter l’eau. La seule condition de la vie sans mort. Vous ne mourrez jamais noyé à moins d’avoir un poids accroché à vous. Tout le monde flotte lorsqu’il daigne se mettre sur le dos et laisser les lois de la physique opérer librement.
    Le soleil est là pour nous rappeler à l’ordre. Pour nous dire que notre vie à nous aussi est éphémère et qu’elle doit être vécu pleinement. C’est le soleil qui lui donne toutes ses couleurs, et toute sa dimension. Car ne l’oublions pas, la vie du soleil aussi est éphémère.

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