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Le Blog Studio

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Qu’est-ce que le temps me déprime

Article posté dans Le Blog Studio » Banalités le

Rennes, dimanche 2 novembre 2008. Il y a tout juste 3 ans, je me faisais couper 12cm de cheveux et je pleurais ma race.

Aujourd’hui, je suis là, assis dans ma chambre, encore dans le pâté de la nuit passée que j’ai terminée à l’heure du manger. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, mais mon premier réflexe a été de me taper des pains au chocolat.

Dehors il fait moche, ça pue le dimanche qui ennuie, où il fait trop gris pour sourire, pas assez beau pour se motiver, et où il ne se passe pas assez de choses autres que le passage des voitures pour trouver l’inspiration nécessaire à la trouvaille d’une éventuelle idée de sortie.

Alors je reste là, je glande, je pense à toutes ces choses que je veux faire, mais que je n’arrive pas à faire. Faute de temps, ou bien à cause de la mauvaise répartition de toutes ces heures passées à pouvoir m’activer.

Dehors, il y a un grand bâtiment gris. C’est le Théâtre National de Bretagne. Il y a un arbre à côté. Je suis seul sur Rennes ce dimanche. Je m’emmerde.

Mon hygiène alimentaire laisse à désirer. Mon repas de base est normalement la plâtrée de pâtes bolognaise, mais je ne me souviens même plus de la dernière fois où j’en ai mangé. Les pots de Nutella, les tablettes de Milka caramel, les cookies et les pains au chocolat ont floué la partie de mon esprit destinée à réceptionner psychologiquement toute alimentation saine susceptible de partir à la découverte de mon for intérieur.

N’empêche que l’autre jour j’ai mangé une conserve de petits pois carotte. Enfin, pas la conserve, mais l’intérieur. Bon oui c’est bête ce que je dis. Voilà mon seul souvenir légumier de la semaine.

Faudrait que je dorme aussi. Mon lit est trop petit, l’endroit où je vis est trop petit, la cité universitaire donne sur une rue bruyante où ça vrombit le jour et hurle la nuit, mais ce n’est pas une raison. Je devrais me fixer des limites, prendre des habitudes. Depuis le temps que je me dis ça, j’ai bien cumulé 7 ou 8 ans de sommeil à rattraper.

Alors quoi, je devrais m’organiser. Tout reprendre de zéro, tout remettre à plat. Ranger tout ce bazar. J’en ai la volonté, j’en ai la capacité. Mais pendant que j’y réfléchis, je vois le temps qui passe et je me sens comme pressé, stressé par une sorte d’échéance que je pressens sans trop savoir ce qu’elle est, et vers laquelle j’ai l’impression de courir sans que je ne le veuille vraiment, car ce que je voudrais moi, c’est marcher. Tranquillement, à mon rythme.

Mais comment faire ?

Quand je vois ce monde si complexe, quand je vois tout ce qui se passe, tout ce qui s’y dit, tout ce qui s’y trame, tout ce qui s’y pense, je m’y sens perdu et insignifiant.

Le monde est aliéné et il altère tous les jours cette partie de moi née pour construire quelque chose d’autre. Et alors qu’elle est essentielle, elle est continuellement avortée. Et je me sens coupable de ne savoir rien faire contre ça.

Et pendant ce temps il se passe que le temps passe inéluctablement. Mouarf.

Qu’est-ce que le temps me déprime.

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