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Docteur Bidouille

Vie pratique, bricolage, gestion quotidienne

Nuit blanche et contournement du sommeil

Article posté dans Docteur Bidouille » Lifestyle le

Il m’est arrivé quelque chose il y a deux nuits: je n’ai pas dormi. Cela m’arrive parfois de faire de longues veillées, je ne sais pas trop pourquoi. Quelque part c’est peut-être une manière de chercher à me sentir dans cette sorte de sentiment de sécurité qui nous gagne lorsque l’on se dit que l’on est parmi les seuls à être encore éveillés. Enfin, peut-être pas de la sécurité, car la nuit a son lot de trucs étranges et inquiétants, menfin disons alors plutôt,… de la paix. Un sentiment de paix, de repos. Oui, voilà: ne pas dormir, ça me repose.

En fait j’ai le sentiment que dormir me repose moins que de rester éveillé. Un exemple, tous les matins j’ai du mal à me réveiller et je met des heures à émerger. Comme la plupart des personnes bien sûr, mais dans mon cas je me sens systématiquement encore plus fatigué après avoir dormi qu’avant de m’être couché. Pour comprendre pourquoi, je pourrais essayer de me pencher sur certains phénomènes nocturnes qui, peut-être – je ne le sais pas – seraient susceptibles d’affecter le bon déroulement de mon sommeil: somniloquie, somnambulisme, apnée du sommeil ? Mais pourquoi ne pas voir les choses sous l’angle inverse: et si c’était dormir qui était une entrave au bon déroulement de quelque chose d’autre ? Et si dormir était une défaillance ?

La plupart des gens fonctionnent selon la logique que dormir permet de retrouver des forces, de mettre son cerveau en pause, de le « remettre à zéro », dans un état équilibre, pour ensuite se remettre en mouvement et être plus efficace le lendemain. Et c’est là que je pose la question: et si, en dormant, à savoir en nous « remettant à zéro », on s’empêchait d’atteindre une étape supérieure ?

En ce qui me concerne, le matin est fatal: le réveil est le moment où je me sens le plus fatigué dans la journée. Mais ensuite, plus j’avance vers le soir, et plus je suis en forme, plus je suis efficace. C’est comme ça, je ne sais pas pourquoi. Peut-être que quelque part, j’ai le sentiment que dormir est une perte de temps, alors parfois j’empiète sur le sommeil. Bien sûr je ne nie pas l’utilité du sommeil, mais je me demande ce qu’il y a après. C’est là que ma nuit blanche 48 heures en arrière intervient. Car elle constitue une expérience de « non-sommeil » qui m’a beaucoup fait réfléchir.

Dans la nuit du dimanche 17 au lundi 18 mai dernier, je n’ai pas fermé l’oeil une seule fois. Puis le petit matin venu, j’ai eu ce sentiment d’avoir passé le cap où j’avais définitivement loupé les bras de Morphée, le sentiment de me retrouver dans un champ avec des vaches, à regarder le train du sommeil faire tchou tchou, passer, et s’éloigner. Puis en voyant le jour se lever, les gens commencer à déambuler dans la rue pour aller au travail, la ville commencer à se remettre à vivre, j’ai eu un sentiment bizarre. J’avais l’impression d’être resté dans le champ, mais de m’être éloigné des vaches. Pour mieux explorer le reste de la contrée dans laquelle je m’étais égaré en laissant le train ne pas m’emmener; car bien qu’il soit passé plusieurs fois dans la nuit, je l’ai loupé à chaque fois et je ne l’ai laissé aucune fois me prendre.

Concrètement, j’ai l’impression que le sommeil essaie de venir tout au long de la nuit, puis arrête ses tentatives une fois que le jour se lève. Et là, on a franchit le cap, le seuil. Et au delà de ce seuil, on ne dormira plus avant la prochaine nuit, et on se maintiendra éveillé en se sentant… bizarre. Ce seuil, je crois que c’est la notion la plus importante de ce que j’essaie de baragouiner ici. Ce serait en fait le moment où l’esprit commence à se mettre dans un état « second », où l’on arrive enfin à ce « quelque chose d’autre » qui vient quand on a réussi à contourner le sommeil.

Dans mon cas, le matin du lundi 18 mai, j’ai senti un entrain comme rarement j’en avais eu. Et celui-ci a duré toute la journée. J’ai eu plein d’idées pour plein de choses, j’ai entamé sans aucune hésitation de nouveaux trucs: j’ai mis de coté la non-confiance en moi et je me suis lancé. J’avais une sorte de sentiment d’assumation à moitié euphorique, désinhibée, qui m’a fait entreprendre les choses autrement, sans complexe et sans auto-parasitage psychologique. En fait, j’ai eu le sentiment de continuer le déroulement de la « pensée globale » que j’avais commencée la veille. L’impression de faire perdurer le « processus créatif éveillé » enclenché depuis la dernière fois où j’avais fini de dormir.

Et puis le lundi soir, je suis allé me coucher, après 30-35 heures d’éveil. Et ce mardi matin, après avoir été victime du sommeil, j’avais l’impression d’avoir perdu le fil de la « pensée globale » en question.

Voilà, je pense que c’est là que je veux en venir: et si le sommeil était une défaillance à résoudre en l’internalisant, en l’intégrant dans le processus que l’on a mis en place depuis notre dernier réveil, et en ne le vivant pas comme une contrainte ou une fatalité ? Et si le sommeil était une entrave à contourner et à gérer ? Ce serait comme si se lever le matin et dormir le soir était juste une habitude que l’on a fini par considérer comme un besoin, comme si dormir du soir au matin était en fait un phénomène entretenu par la société, une coutume que l’on suit parce que l’on nous a appris qu’il fallait faire comme ça.

Depuis toujours on vit le jour et on dort la nuit. On nous a appris à faire comme ça. Mais que se serait-il passé si la coutume avait voulu qu’on dorme une nuit sur deux par exemple ? Et si en fait nous n’étions pas forcément faits pour dormir toutes les nuits ou tous les jours ? Et si nous pouvions « élever notre esprit » en lui faisant faire l’effort de ne pas dormir ? Et si nous pouvions « élargir le champ d’application de nos pensées » en étalant notre « présence mentale » sur une période de temps plus grande ?

Le sommeil serait donc non pas un repos, mais une épreuve ! Une épreuve avant d’atteindre un état second; une épreuve à laquelle ne pas succomber, une épreuve à vaincre pour parvenir à élargir dans le temps notre propre « cadre de pensée », ou « cadre d’existence mentale ». Dormir serait donc un frein, car dormir serait se contenter d’une perspective rétrécie ! A contrario, ne pas dormir toutes les nuits permettrait d’atteindre une perspective élargie, une perspective d’esprit nouvelle. Ne pas dormir, ce serait aller vers une façon différente de voir et/ou faire les choses, qui serait beaucoup moins encadrée, beaucoup moins contrainte par nos mécanismes inhibiteurs et ceux qui nous entourent, et de ce fait beaucoup plus libre.

Et vous, ça vous inspire quoi les nuits blanches ?

6 commentaires
  1. michael dit :

    quelles etudes fais tu, parce que pour
    un billet internet, c’est plutot bien écrit, malgré
    les mots en gras ? je parie sur : philosophie, lettres
    et psychanalyse

    amicalement

  2. 3 d s dit :

    franchement trop fort ton texte moi et ma meilleure amie faisont souvent des nuit blanche lorsqu’on se retrouve ensemble on papote , rigole et faisont des philosophie de nos vies lol… on n’est tout à fait d’accord avec ce que tu viens d’écrire etr tu nous a bien fais rire la on va manger des patte et une pizza… by

  3. solidmat dit :

    Ouai c’est vrai ça c’est quoi ces mots en gras ? Pauvre type!

    Mais on est d’accord que le sommeil se fait par cycle et que si l’on résiste brillamment à une phase où l’appel de Morphée est fort (j’appelle ça l’acte du « warrior ») on se retrouve dans une phase d’activité quasi-normale.
    Mais je dois avouer que je n’ai jamais tenu plus de 32h d’affilée sans fermer un oeil, et à ce moment là on arrive à s’endormir instantanément o_O

    J’ai un record à battre, mais j’appréhende déjà ces phases douloureuses accompagnées de picotements et de troubles digestifs…

    Au final rien ne vaut un bon gros dodo chaque nuit.

  4. Hudâ dit :

    Sujet intéressant !

    Justement, pas mal de réponses je pense, dans un documentaire sur la chronobiologie que j’ai regardé hier…

    Et si tout ça n’était que génétique !

    Par ici :
    > http://videos.arte.tv/fr/videos/chronobiologie–7313408.html

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