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Le Blog Studio

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Album de In Limbo: Somnébuleux

Article posté dans Le Blog Studio » Découvertes le
08-09-27-piednezsomnebuleux[1] Télécharger tout l’album
Artiste: In Limbo (anciennement Pied d’nez)
Album: Somnébuleux
Licence: Creative Commons by-sa
Site web: http://www.in-limbo.fr/

Dans le petit monde de la musique libre, il y a des gens qui aiment tâtonner dans la piscine musicale et le bouillon créatif de la libre diffusion; depuis quelques années maintenant, Pied d’nez fait partie de ces groupes que l’on peut voir expérimenter, créer et proposer de nouvelles choses de manière récurrente, que ce soit des productions persos ou collaboratives.

Pied d’nez est composé de deux frères, Nicolas et Guillaume, ayant déjà produit plusieurs albums, dont vous pouvez voir une discographie sur leur site.

Bien qu’ayant des influences rocks, francophones, progressives voire psychédéliques, les albums du groupe ont pour leur majorité une consonnance « chanson francophone ». D’où le projet initié fin 2007 de produire un album sortant de ce carcan, car Pied d’nez, c’est bien plus que ça.

Du coup, « Somnébuleux » est cet album, sorti en cette rentrée 2008, et constituant selon les mots mêmes du groupe leur « première vraie incursion dans le rock progressif ». Son concept tourne autour du sommeil et du rêve et, de par le fait qu’il soit entièrement instrumental, consiste à laisser l’auditeur ressentir la musique à sa manière.

Du coup je me suis prêté au jeu, en essayant de ne pas être influencé par les interprétations déjà faites par le groupe; voici donc mes impressions, dans la peau d’un auditeur qui n’aurait rien lu d’autre sur cet album que son titre à consonnance sommeillique, et le découvrirait sans même connaitre le passif du groupe:

J’enfile mon casque, je met les mp3 dans mon lecteur (bon oui, on est à l’ère numérique et je met pas le cd dans la chaine hifi, du coup); un petit vent, un petit souffle, des petits bruits bizarres d’introduction, et d’un coup, une guitare: hop, c’est parti.

Premier titre: « Hypnotique »
Au bout de quelques secondes, je plonge dans l’ambiance comme un homard plonge dans l’eau: sans qu’on ne lui ai rien demandé; je me fais vite emporter par les arpèges, qui ci et là sont ensuite tranchés par des guitares saturées, des changements rythmiques, comme une motte par un couteau à beurre.
C’est très plaisant, c’est très planant. Des séquences nous font monter, d’autres nous font redescendre. Et puis on finit par retourner au repos à la fin de la chanson… mais ce n’est que le calme avant la tempête.

Deuxième titre: « Paradoxal »
Vu le titre de l’album assez explicite et vu que je m’intéresse un peu à la nuit, au sommeil, je pense au « sommeil paradoxal », cette étape du cycle du sommeil où l’activité nerveuse s’intensifie, où on bouge les yeux comme dans l’exorciste, et où interviennent la majorité des rêves. Intéressant, car la musique justement semble plus nerveuse que la première.
En faisant un tour sur Wikipédia, je vois même ça: « Des études ont montré que la privation de sommeil paradoxal chez l’animal aboutit à sa mort dans le mois suivant, sans pouvoir toutefois expliquer ce phénomène. » Diantre ! Alors elle fait bien d’être là cette chanson.
Bon, je suis moins fan, car elle est moins planante, plus « brute », davantage rock. Mais je l’aime bien quand même, en particulier dans les moments où le rythme se ralentit. D’ailleurs la ligne rythmique est vachement intéressante. Et soit dit en passant, c’est très bien réalisé.
Et puis pouf, à la fin, ça retombe. Le sommeil paradoxal est terminé ?

Troisième titre: « Somnambulisme »
Un contraste important par rapport à la précédente ! Une guitare acoustique, répétitive (dans le bon sens du terme), une ambiance particulière, de beaux accords, de beaux arrangements; je ne sais pas ce que c’est que ce somnambulisme là, mais on dirait bien qu’il est plutôt doux. C’est pas le somnambulisme de celui qui va aller ouvrir sa fenêtre et se jeter dans un buisson, mais peut-être plus celui du rêveur, de l’endormi qui va errer dans un champ sous les étoiles, durant ces quelques instants dont il ne se souviendra pas au réveil mais qui resteront en lui comme une expérience inconsciente unique. Enfin ouais, je vois cette chanson comme ça.

Quatrième titre: « [Cycle] Circadien »
Ah ba là, je me réveille d’un coup dis donc. Un peu l’impression que le somnambule s’est posé dans le champ, et a fini par se réveiller au petit matin en se demandant ce qu’il foutait là ! Et puis il y aurait l’aube, et puis tout plein de questions. D’ailleurs la première qui me vient à l’esprit, c’est de savoir ce que c’est que ce cycle circadien ?
J’apprend sur Wikipédia qu’il est en gros question de rythme biologique, appelé « circadien » s’il s’étend sur 24h. L’horloge interne, ces choses là.
Du coup, au fil de la chanson, je me laisse emporter par des rythmes allant du tranquille au lent et posé. Et vers la moitié du titre je ne vois pas du tout venir l’accélération significative du rythme. Elle m’agresse même, cette rythmique, elle m’angoisse. Est-ce que ce titre serait décomposé entre deux parties, une caractérisant peut-être le conscient, ce « Moi » que l’on contrôle, et l’inconscient, ce « ça » qu’on ne contrôle pas et qui nous saute dessus pendant le sommeil ? Sachant que la partie du « ça » paraissant incontrôlable a des tendances à la décélération rythmique, et on finit même par retrouver le thème du début. Comme si au final ce titre était décomposé en « éveil – sommeil – éveil », avec les caractères respectifs de l’un et l’autre s’imposant à nos oreilles.
C’est très bien fait dans tous les cas.

Cinquième titre: « Somnolence »
Une chanson calme, une chanson qui s’endort; aurais-je vu juste à la fin du précédent titre ? On serait arrivé dans l’éveil, et du coup via ce cinquième morceau on retournerait paisiblement dans le sommeil, par le biais de cette somnolence, cet état qui nous amène en douceur dans les bras de Morphée, durant lequel on voit parfois apparaitre des images, et où sans même que l’on ne s’en rende compte, le sommeil nous tombe dessus, un peu comme ce son sourd, brusque et angoissant aux airs de cloche que l’on entend d’un coup dans la chanson, comme une sentence … ? comme si entrer dans le sommeil était le franchissement d’un cap vers l’inconnu, vers un état synonyme d’angoisse car étant incontrôlable et inéluctable. Comme si l’entrée dans le sommeil était un point de non retour vers la peur.

Sixième titre: « Rêvalités »
Comment comprendre ce titre de 18 minutes ? Mystère … il commence doucement, avec des airs qui ne nous sont pas inconnus, car semblant être inspirés de certains des titres précédents. Puis ça s’accélère, la batterie vient s’énerver un peu, une tension se créé… et finit par disparaitre, nous laissant retomber dans une ambiance plutôt sombre, dans laquelle s’immiscent finalement les percussions, lentes et pesantes.
Et bientôt, on passe un nouveau cap, on passe du sombre au mystérieux. Et les percussions finissent par venir introduire un changement de rythme. On est dans la 5ème minute, et le ton devient différent. Plus clément peut-être, comme si le sommeil devenait moins angoissant. Mais ça ne dure pas.
Et puis jusqu’à la 8ème minute, on semble essayer d’atteindre une issue … mais le rythme finit par changer; plus rock, plus agressif.
Puis il s’éteint. Seuls restent quelques arpèges. Puis quelques accords. On a l’impression d’avoir franchi un cap. En particulier quand la guitare électrique et la batterie viennent tout relancer, tout remettre dans une nouvelle ambiance.
Mais ensuite, tout change encore: la batterie est toute seule et un solo nous est livré jusqu’à ce qu’arrive le calme, comme pour s’arracher à l’état précédent et aller au suivant. Etat suivant dans lequel on finit par retrouver encore des airs empruntés à d’autres titres, jusqu’à finalement tomber dans une sorte de néant plein, une conclusion qui n’en est pas une, puisque les petits sons qui viennent alors à notre oreille nous ramènent exactement au début de l’album.
Comme pour représenter une sorte de cycle duquel on ne sort pas ? Celui des « rêvalités », celui de ces rêves dont on ne sait quoi en comprendre, dont on ne sait pas toujours s’ils sont réellement irréels ? Dont on ne sait pas s’ils ont ou non un sens retranscriptible dans la réalité, et qui parfois nous emmènent dans la confusion en finissant par mélanger le conscient et l’inconscient ?

– – – – – – – – – – – – –

Cet opus s’achève sur bon nombre de questions. On pourrait le remettre en boucle afin de tenter de saisir des choses que l’on aurait pas interceptées lors de la première écoute.

C’est un concept-album à découvrir si on aime la musique progressive, le rock, les guitares et les batteries; si on aime le beau et l’étrange également, car de nombreux moments sont complètement plongés dans un univers onirique faits de fantasmes et d’interrogations, idéal pour ceux qui aiment se retrouver en terrain inconnu.

C’est dans tous les cas très réussi. Que ce soit dans le concept ou dans la réalisation en elle-même. Je le conseille à tous ceux qui aiment se poser des questions en écoutant de la musique, car cet album est une bonne introduction à la « trituration musicale de l’esprit » en quelque sorte.

Et puis, rien que pour la qualité d’enregistrement et l’originalité mélodique, ça vaut le coup d’oreille !

Enfin, que cela soit dit: bonne route à Pied d’nez, car il est certain que cet album prouve leur montée en puissance et en expérience, et est annonciateur d’un avenir musicalement riche.

1 commentaire
  1. piednez dit :

    :-):coeur:

    Alors là je dis MERCI !! Cette chronique est très intéressante, d’abord parce qu’elle vient du coeur et de la sensibilité de « l’artiste chatougri », ensuite elle est très précise, enfin, elle donne un sens à l’album et à chaque titre en particulier qui n’est pas toujours ce que l’on a vu en composant le matériel musical !!! Et ce ce que nous souhaitions (voir la vidéo promotionnelle de l’album http://piednez.free.fr/medias.html), que chacun interprète l’album avec sa propre expérience du rêve, sa propre interrogation sur son expérience somatique et son inconscient…
    Alexis, synthétise à merveille tout ça, avec la plume qu’on lui connait !!!

    Merci donc Alexis ! que dire de plus…
    Vous qui nous découvrez par cette chronique, vous pouvez également réagir sur notre forum (http://piednez.free.fr/forum/) ou sur les sites qui nous diffusent, Dogmazic, Boxson, myspace « jamen..OUPSs 😉 » Vos visions nous intéressent sincèrement, pour guider pourquoi pas, l’enregistrement du Tôme 2 de cet opus, qui est déjà en chantier !!!

    A bientôt. Et belle continuation à ce webzine et cet annuaire, lancé par l’ami chatougri !!!
    With bisous( like you said) !!!

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