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Docteur Bidouille

Vie pratique, bricolage, gestion quotidienne

Arrêter de manger comme un gros porc

Article posté dans Docteur Bidouille » Bouffe le

C’est un fait depuis des années: je mange mal. Entre les grignotages perpétuels, les repas trop remplis ou résumés à des bouts de saucisson, la junk food ou le sucré à l’excès, j’ai fini par me perdre un peu et à oublier les bases d’une alimentation saine. Il m’a donc fallu prendre des mesures.

Etape 1: comprendre les causes de sa malbouffe

1.Quelle évolution ?

Alors je suis d’abord parti d’un constat: j’ai pris 10 kilos en 1 an. Tout juste hier, pour enfoncer le clou j’ai calculé mon Indice de Masse Corporelle, via la superbe formule IMC = poids (en kg) / taille² (en mètres), et j’ai trouvé que celui-ci était égal pile poil à 25, qui est le seuil au-dessus duquel on doit être considéré comme étant en surpoids. Et encore je suis gentil, car j’ai pris la borne basse de la fourchette de poids dans laquelle j’évolue actuellement.

Et puis je me suis alors demandé pourquoi. Ba ouais, pourquoi ? Ce que j’ai remarqué, c’est que j’ai pris la majeure partie de mon poids depuis l’été dernier, où je suis parti de cité U pour emménager dans mon appart. Et du coup, ayant un appart, je me suis mis à faire à manger, à ne plus manger comme un moineau, etc …

Ma prise de poids serait-elle alors liée à mes nouvelles habitudes alimentaires ? A priori, on pourrait croire que oui. J’ai estimé une évolution de mon poids compte tenu de quelques pesées repères depuis 1 an, et j’ai mis ça en regard de l’évolution de mon budget bouffe sur la même période. Histoire que ce soit comparable, j’ai mis ça en logarithme, et voici le résultat:

C’est certain: mon budget bouffe et mon poids ont augmenté en même temps sur 1 an. Mais est-ce que cela suffit à dire que les deux sont liés ?

2.Quelle causalité ?

Pour voir si acheter davantage de nourriture signifie forcément que je suis voué à manger davantage comme un porc, je suis allé chercher un coefficient de corrélation R² entre budget bouffe et poids.

Dans le même temps j’ai confronté ces deux variables dans un nuage de points et tracé une droite de régression. Pi calculé le coeff de corrélation sachant que R² = Cov²(B bouffe, poids) / (V(B bouffe)*V(poids)). J’ai trouvé: R²= 0.810

Un R² de 0.810, a priori c’est pas complètement pourri, alors j’ai fait un test du R² pour savoir si la régression est bonne dans son ensemble.

J’ai alors tout d’abord considéré un F observé suivant une loi de Fisher (1, n-2), avec F observé = (R²/1) / ((1-R²)/(n-2)), et j’ai trouvé: F observé = 47.06

J’ai ensuite regardé le F alpha (1, n-2) lu dans la table de Fisher Snedecor avec risque de rejet à tort de 5%, et j’ai trouvé: F alpha = 4.84

Donc mon F observé est largement supérieur à mon F alpha. Et avec un risque de rejet à 1%: même résultat. Donc ma régression est bonne dans son ensemble ! Donc mes deux variables sont corrélées. Donc c’est parce que j’ai dépensé plus en bouffe que j’ai grossi comme un goret.

Mais la question qui se pose alors, c’est de savoir pourquoi mon budget bouffe a-t-il augmenté autant ? Et puis: est-il seul responsable ? Ce serait trop facile.

3.Quel budget pour quelle bouffe ?

J’en ai déduit une théorie: quand je vivais en cité U, je mangeais comme de la merde, mais je mangeais peu. Et puis je faisais davantage de vélo, donc ça compensait un peu.

Puis comme je travaille depuis fin 2008, que j’ai fait du vélo jusqu’en été 2009, ba j’ai pris du muscle et j’ai grossi car les muscles c’est lourd. Et ça allait encore, mon poids n’avait pas évolué.

Mais est arrivé mon emménagement en appart. L’arrêt du vélo, et l’arrivée d’un frigo et d’une gazinière. Et là, les choses ont commencé à changer brutalement.

Ce que je crois, c’est que ma nouvelle vie m’a permis de reproduire mon schéma alimentaire déplorable à une échelle encore plus grande. Du coup, je mangeais plus qu’avant, et toujours aussi mal. D’où la prise de poids.

Ce que j’en déduis, c’est que le fait de manger trop m’a fait grossir, mais pas seulement: le fait de manger mal en tient une couche aussi. Mon budget bouffe a largement augmenté, mais il faut savoir que la merde en quantité, ça coûte plutôt cher par rapport à des produits plus sains (d’ailleurs faudrait que je fasse un article là-dessus).

Et du coup, vu que j’ai acquis un frigo et une gazinière, je me suis fait (trop) plaisir, et ma consommation de merdes a suivi une évolution exponentielle. Charcuterie, fromage à outrance, desserts frais chocolatés, et blablabla… autant de choses que je n’avais pas en cité U, où tout ce que je mangeais c’était des biscuits, des pains au chocolat, des pâtes et des sandwiches. Et je n’avais rien de gras au frais, vu que je n’utilisais pas les frigos collectifs plein de moisi.

Alors voilà ce que j’en pense: ce n’est pas que le budget bouffe qui est lié au poids, mais aussi la merde que je mange. Ca parait logique. Mais comment résoudre ce problème qui me poursuit depuis des années maintenant ?

Hé bien je me suis rendu compte que j’avais complètement perdu les notions de base en alimentation. Alors j’ai décidé de commencer par refonder ces bases qui, me concernant, sont celles décrite dans la partie suivante.

Etape 2: prendre des mesures

1.Structurer ses repas

Structurer mes repas, c’est certainement la chose la plus élémentaire. Penser en terme d’entrée, de plat de résistance, et de desserts. Et doser le tout suivant le moment de la journée: manger léger le soir, bien manger le matin, et se rassasier le midi. Et surtout, arrêter le grignotage à longueur de journée !

Du coup je me suis fait un tableau que j’ai structuré en fonction de mes besoins alimentaires.

Comme indiqué, j’ai distingué les trois grands moments de la journée, en excluant le goûter. Dans mon cas, je ne veux pas considérer le goûter comme un repas normal, mais comme un truc bonus. Car si jamais je le considérais comme un repas normal, je me permettrais peut-être de trop manger, alors je préfère ne pas prendre le risque.

Ensuite dans chaque repas, j’ai distingué plusieurs séquences, suivant mes besoins.

Le matin j’ai besoin d’un liquide et de céréales. La séquence « gourmandise » est quant à elle considérée comme un bonus, un truc exceptionnel, que je ne dois pas prendre comme habitude. C’est pour ça que dedans j’ai décidé de mettre les trucs les plus gras, y compris tout ce qui est brioché ou viennoiseries. J’en ai trop abusé par le passé.

Le midi j’ai décidé de ne plus jamais cumuler entrée + repas + fromage + dessert. Jusqu’alors, je prenais une entrée faite de charcuterie et compagnie… du coup j’ai décidé de transformer l’entrée en « gourmandise », histoire de lui conférer un statut exceptionnel non-automatique. Comme ça je mangerai moins de choses grasses, et en plus je dépenserais moins en saucisson et tout ce barza, qui sont pas forcément donnés ! Le repas en lui-même, je lui ai laissé des choses plutôt saines, et le fromage, j’ai hésité, mais j’ai décidé de lui donner un caractère non-automatique également: maintenant je dois choisir. C’est soit un dessert, soit du fromage, mais pas les deux. Ou alors chacun doit être très léger !

Le soir, enfin, je me suis décidé à me concentrer sur les féculents pour aborder le lendemain avec des bons sucres lents, ou bien des légumes, à faire en salade ou non, à manger cuits ou pas, à accompagner avec un morceau de fromage ou pas. Le dessert quant à lui, c’est décidé: c’est fruit, ou rien. Et pour le moment j’arrive à m’y tenir ! Kiwis, bananes et clémentines y sont déjà passés. Ananas sont au programme !

2.Varier son alimentation tout en dépensant moins

Ce tableau m’a servi à structurer mes repas en grandes séquences, mais aussi à tenter de mettre au point une diversification de mon alimentation. Pour chaque séquence de repas, comme on vient de le voir, j’ai fait une liste des types de produits que j’aime bien et que je pourrais manger. Et derrière j’ai fait une autre liste, de produits existants au supermarché.

Par exemple, dans le plat du midi, j’ai distingué la viande: je l’ai ensuite décomposée entre les différents types de viande que j’aime bien. Et puis dans chaque type de viande, j’ai listé les produits que j’aime bien. J’ai suivi la même démarche pour chaque séquence de tous les repas !

Cela me permet ainsi de me donner des idées quand je vais faire mes courses: trop souvent par le passé, je partais faire des courses, et je ne savais pas quoi acheter. Puis chez moi rebelotte: aux repas je ne savais pas quoi manger, alors je choisissais les solutions de facilité, qui sont malheureusement moins saines … du coup avec ma liste, j’ai trouvé une solution au problème. Et pour le moment, ça fonctionne !

Ensuite, l’autre grand avantage, c’est qu’en sachant précisément quel produit sert à remplir quelle fonction dans les repas, on peut savoir précisément de quoi est-ce qu’on a besoin en allant faire les courses. On évite alors les dépenses superflues, et puis surtout, on évite les trucs moins sains et plus chers (les deux vont souvent de paire …). Par exemple, si je pense avoir des courses à faire, je regarde mon tableau, et je me tiens au programme que j’ai décidé: du coup, j’arrive beaucoup plus facilement à me convaincre de manger ce que j’ai déjà en stock, et à faire mon maniaque en « séquençant » correctement mes repas. Quand on sait ce qu’on veut, tout est tellement plus simple !

Et puis mon tableau, je l’ai imprimé et accroché sur mon mur, à côté de mes horaires de bus, bien en évidence, du coup je ne peux plus y échapper !

3.Faire de l’exercice, bordel à couille de pompe à merde !

Le troisième volet est indispensable: faire de l’exercice ! Je vois pas comment on peut espérer maigrir si on bouge pas.

Dans mon cas, depuis l’été dernier, j’ai plutôt arrêté le vélo, mais il me restait le boulot: celui-ci étant plutôt physique, je m’en suis un peu trop contenté … du coup j’ai pas repris d’activité depuis.

Alors j’ai décidé de me remettre en selle: Problemo, mon petit Problemo ! Mon beau vélo, je l’ai un peu abandonné, et j’en suis fort triste. C’est comme la nouvelle que j’écris pour lui: restée en stand by, alors hop ! Il fait trop froid en ce moment pour du vélo je trouve, mais au moment même où j’écris ça, je me dis que je me donne des fausses excuses, et qu’il faut vraiment que je bouge mon fion.

Récemment j’ai déjà repris du vélo ! Mais c’est pas encore assez. Il faudrait que ça redevienne mon moyen de transport principal comme c’était le cas avant. Surtout qu’entre la fac et mon appart, à l’aller comme au retour, il y a de la pente ! Et de la bonne ! Mouahaha.

Non et puis j’aimerais bien aller à la piscine, aussi. Mais bon ça ça fait des mois que j’en parle, ahem (comment ça des années ? nannnnnnnn c’est fauuuuuuux).

Enfin bon. Je pense quand même que les choses sont plutôt bien reparties. Si déjà j’arrive à matriser mon alimentation, c’est déjà pas mal. Il était temps, j’aurais envie de dire !

2 commentaires
  1. LZ dit :

    Plusieurs choses :
    1- je reste complètement fascinée par la mise en application des cours de statistiques dispensés à la fac… Littéraire de formation, voilà des calculs cabalistiques qui me dépassent complètement !
    2- effectivement, le sport produit du muscle qui pèse lourd…
    3- quand on commence à jeter un oeil aux étiquettes des produits tout faits, on constate avec effarement la présence de quantités non négligeables de sucre et de graisse…
    4- Les horaires des piscines de Rennes en attendant les jours meilleurs et les randos en vélo : http://www.rennes.fr/index.php?id=666
    5- et merci pour ce post, j’ai vraiment bien rigolé ! http://www.chatougri.com/wp-includes/images/smilies/clindoeil.gif

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